Daniel Coronell et son amour de la liberté

Des représentants des étudiants de la Faculté de Communication de l’Externado, ont remis à Daniel Corenell, ancien élève, le prix « Vie et Œuvre Jose de Recasens », pour son amour de la liberté.

M. Coronell a donné une conférence à la Faculté, à l’occasion de la Journée des Journalistes. Par rapport à la distinction reçue, il a exprimé : « j’ai reçu de nombreux prix tout au long de ma vie, certains n’étaient pas mérités, mais celui-ci est le plus important pour moi ». Le prix est remis à la mémoire de l’ancien doyen fondateur de la Faculté, un humaniste, très cultivé et avancé.

M. Coronell a raconté aux étudiants de l’Externado certaines expériences de sa vie agitée de journaliste, et a expliqué comment plusieurs de ses travaux ont mis en péril sa vie et celle de sa famille.

Daniel Coronell représente pleinement le journalisme d’enquête qui, à vrai dire, est le seul type de journalisme qui nous conduit vers des dénonciations sur des faits qui ne pourraient pas être connus par la société d’une autre manière. Dans cette tâche difficile, il a dévoilé des scandales politiques tels que les écoutes téléphoniques illégales du DAS, Agro Ingreso Seguro, la « Yidispolitica » dans le processus de réélection de l’ex-président Alvaro Uribe Velez, et le scandale de Saludcoop, entre autres. C’est grâce à ces dénonciations qu’il a obtenu de nombreuses distinctions, mais aussi des menaces qui l’ont conduit à l’exile en 2005 aux Etats-Unis.

M. Coronell a raconté aux étudiants son histoire de vie. Après avoir obtenu son diplôme à la Faculté de Communication Sociale – Journalisme de l’Externado, il a travaillé dans un média national où la relation politique des propriétaires allait à l’encontre de la vérité journalistique. Cela l’a fait rêver de construire un média indépendant où toutes les enquêtes puissent être publiées sans la censure politique fréquente dans le pays. Il a affirmé que « les médias ne doivent pas appartenir aux propriétaires, ils doivent être au service du peuple et de la vérité (…) Ils doivent être la voix de ceux qui n’ont pas de voix ».

Egalement, il a expliqué aux étudiants que la mission d’un journaliste est de raconter la vérité, et les a invités à avoir des doutes et à remettre toujours en question ce qu’ils voient. Il leur a conseillé aussi de passer du temps avec des personnes avec qui ils peuvent apprendre des choses : « j’ai beaucoup de défauts mais mon plus grand mérite est de m’entourer toujours de personnes remarquables ».

Le président de l’Externado, Juan Carlos Henao, a profité pour donner un message aux étudiants : « ne permettez jamais qu’on vous manipule par les intérêts du capital. Ne perdez jamais l’esprit de l’Externado ».