Et l’indignation numérique, à quoi sert-elle ?

Des académiciens et des membres de différentes organisations qui promeuvent la citoyenneté numérique, invités par la Faculté des Finances, du Gouvernement et des Relations Internationales, ont analysé lors d’un « Café Numérique » ces nouvelles formes d’expression politique.

Actuellement, sur les réseaux sociaux on trouve constamment des étiquettes telles que #DehorsTrump, #ContreLaCorruption, #JeSorsMarcher, des milliers d’usagers qui se mettent d’accord pour rendre « visible » leur indignation, en général, en ce qui concerne les organismes gouvernementaux.

Aujourd’hui, internet est devenu l’espace parfait et idéal pour débattre, protester et exprimer toute sorte d’opinions ; dans certains cas ces tendances et étiquettes déterminent le programme informatif de plusieurs médias.

La citoyenneté numérique est alors déjà un fait et le centre d’intérêt et d’étude de plusieurs académiciens. « La technologie a permis aux citoyens de se libérer et leur a donné la parole. Ils se sont transformés en sujets politiques », affirme Jean-Marie Chenou de l’Université des Andes, l’un des invités à ce dialogue d’actualité.

Dans ce contexte, l’un des défis les plus importants pour la société civile, est celui d’aller au-delà de l’indignation sur les réseaux sociaux et passer à l’action en sortant dans les rues. « Il faut que les citoyens numériques passent de l’indignation à la participation, non seulement à la mobilisation mais qu’ils commencent aussi à reconnaître que ce qui provoque de l’indignation est quantifiable dans les gouvernements, c’est-à-dire, que cela touche l’argent public », a souligné Claire Launay de Transparencia Colombia.

Les conférenciers ont expliqué que pour que ces messages puissent être entendus dans les cercles du pouvoir, il faut aussi avoir le soutien des mouvements sociaux.

Un clair exemple de cela, qui a été discuté lors d’un « Café Numérique », est celui de « Gana », un projet dirigé par Javier Arteaga, à Nariño, où à travers une plateforme numérique on cherche à intégrer la citoyenneté à la vie politique, en utilisant des stratégies simples, telles que la publication des biens des maires, des gouverneurs ou des fonctionnaires publics, et en donnant un espace aux habitants de Nariño pour exposer leurs demandes et réclamations :

« Nous sommes des pionniers en Colombie de cette idée et les gens croient en nous parce que si une même demande est très soutenue, la Marie ou le Bureau du Gouverneur doivent donner une réponse immédiate », explique M. Arteaga.

Même si dans certains espaces on a bien compris le pouvoir d’internet et des réseaux sociaux, il manque encore avoir plus de soutien, aussi bien de la part des médias que du gouvernement. VICE Colombia fait partie des médias qui a le plus avancé dans sa recherche pour construire la citoyenneté, en répondant aux questions d’intérêt général et en rajoutant, de plus, à chaque centre d’intérêt une multiplicité des voix, plus particulièrement dans la conjoncture de paix qui vit la Colombie actuellement.

Les conférenciers d’un « Café Numérique » ont été d’accord pour souligner que le problème actuel réside sur le fait que pour la plupart des plateformes, même en ayant de la liberté d’expression, écouter les citoyens, donner une réponse à leurs demandes ou plaintes n’est pas une priorité. « Parfois tout reste sur le réseau, les processus sont longs et jamais intégrateurs. Il nous faut de la rapidité et de la réactivité immédiate et cela n’est offert actuellement que par les réseaux ».

A la rencontre, qui s’est déroulée à l’Université Externado, ont participé Carolina Botero de la Fondation Karisma, Jean-Marie Chenou de l’Université des Andes, Claire Launay de Transparencia Colombia, Javier Arteaga de Gobierno Abierto Nariño, Mario Zamudio de VICE Colombia et Nicolas Diaz Cruz de SeamOS – Democracia Digital.