« La justice parfaite n’existe pas » : Baltasar Garzon

Des experts, des académiciens et des étudiants, ont participé à l’événement « Juridiction Universelle et Juridiction Spéciale pour la Paix », qui s’est déroulé dans les installations de l’Externado.

Par rapport au moment qui traverse la Colombie, après les accords de paix avec les Farc, le juriste espagnol Baltasar Garzon a souligné que l’une des principales préoccupations a été le début des actions de la JEP, la mise en marche de la Commission pour la Vérité, l’application des ressources financières pour que tout puisse marcher, entre autres.

Cependant, il a affirmé que, même s’il serait mieux de faire appliquer la justice à tous les niveaux et avec fermeté et rigueur, on sait que dans ces cas-là c’est impossible et que même le fait de refuser de l’appliquer de cette manière entraînerait une impunité totale. « L’effort fait pour concevoir un système spécial de Justice Transitionnelle c’est méritoire, il n’est pas parfait mais rien n’est parfait, la justice parfaite n’existe pas », a-t-il dit en expliquant comment dans la vie en générale « le mieux est l’ennemi du bien ».

Baltasar Garzon, juriste espagnol, connu pour avoir promu l’arrestation de l’ancien dictateur Augusto Pinochet pour ses crimes contre l’humanité, a expliqué par rapport à ce sujet que « C’est à ce moment-là que l’histoire de la juridiction universelle a changée, elle est passée d’être une formulation théorique à devenir une expérience pratique ».

A la fin de son intervention, le juriste a insisté sur le fait que « le Droit est un instrument vivant qui ne peut être analysé en permanence dans le passé. Les avocats, les juristes, les académiciens et les juges doivent tirer l’essence du Droit pour protéger et défendre les citoyens. Pour cette raison, si ce n’est pas le cas ou si cet instrument n’est pas valable, nous devons avancer et l’interpréter dans un contexte d’universalité. Dans la juridiction universelle les victimes sont universelles, il n’y a pas de frontières, ni de souverainetés ; la souveraineté ne peut pas permettre l’impunité ».

Pendant cette rencontre il y a eu des espaces de discussion et de débat sur les stratégies, les solutions et les obstacles actuels de la justice au niveau mondial, par exemple, les cas colombiens, africains, argentins, espagnols, entre autres.

D’autre part, le président de l’Externado, Juan Carlos Henao, a affirmé que la Justice Transitionnelle est l’un des plus importants axes de l’accord de paix avec les Farc : « je suis convaincu que la relation entre la justice universelle et la justice transitionnelle est très importante, je pense même qu’elles partagent au fond les principes généraux essentiels ».

Des experts ont aussi parlé de leur expérience dans des cas connus au niveau mondial. Par exemple, Jacqueline Moudeina, avocate et activiste, qui se bat depuis plusieurs années pour les droits des victimes du régime d’Hissène Habré (Tchad, Afrique), accusé de près de 40.000 assassinats politiques et qui a été condamné à prison à vie en 2015.

D’autre part, Andrea Schüller, de l’European Center for Constitutional and Human Rights, a parlé de la justice universelle et de l’expérience de son organisation lorsque les pays font appel aux tribunaux internationaux.

 

A la fin de l’événement, Patricia Linares, présidente de la JEP ; José Ricardo de Prada, Amicus Curiae de la JEP ; Daniel Rafecas, juge fédéral argentin ; et Luis Guillermo Perez, du collectif d’avocats José Alvear Restrepo, ont expliqué les perspectives internationales et colombiennes sur la Juridiction Spéciale pour la Paix.

Cet événement, qui s’est déroulé les 6 et 7 février, a été organisé par l’European Center for Constitutional and Human Righst – ECCHR ; l’organisation colombienne des droits de l’homme Collectif d’Avocats « José Alvear Restrepo » – Cajar ; la Fondation Internationale Baltasar Garzon – FIBGAR et l’Université Externado de Colombie.