Quel est le rôle des Etats par rapport au Bitcoin ?

La Maîtrise en Droit International option Droit International des Affaires, de l’Université Externado, a invité Thierry Bonneau, expert en la matière, pour parler de la situation actuelle de la cryptomonnaie.

L’arrivée du Bitcoin dans l’économie mondiale a suscité une polémique et des avis divergents entre la société et les gouvernements, car même s’il ne s’agit pas d’une monnaie légale, son utilisation n’a pas été interdite sur la plupart des territoires.

Compte tenu de l’importance du sujet et pour connaître davantage la situation actuelle et l’avenir de cette cryptomonnaie, la Maîtrise en Droit International option Droit International des Affaires a invité Thierry Bonneau, professeur de Droit Bancaire, Droit des Marchés Financiers, Régulation Bancaire et Financière Européenne et Internationale de l’Université Paris II Panthéon-Assas, à donner la conférence « Le bitcoin comme système bancaire parallèle ».

M. Bonneau a commencé son intervention en expliquant les différences entre la monnaie classique, qui a une valeur monétaire et qui est reconnue par chaque Etat, et la monnaie électronique. Il a non seulement parlé du Bitcoin, mais aussi du Token, qui a été très bien accueilli par la société. Ils ont été classés comme des instruments basés sur la technologie DLT (Distributed Ledger Technology).

Selon l’expert, la monnaie légale circule dans un système financier avec des tiers de confiance, parmi lesquels on retrouve les banques centrales et les dispositifs centraux des titres, qui commencent à disparaître avec le système financier parallèle des cryptomonnaies.

M. Bonneau a expliqué qu’il est important que les Etats, au-delà de proposer un contrôle juridique et économique de cette nouvelle modalité, créent une normativité d’ordre public pour informer les personnes sur l’utilisation de ces cryptomonnaies et les possibles risques. C’est ainsi que les personnes pourront avoir des informations pour agir en toute liberté dans ce monde d’économie virtuelle.

« Il faut partir du fait que le Bitcoin n’est pas une monnaie, c’est un instrument de paiement, un nouveau produit qui doit faire face aux problèmes classiques de régulation, de contrôle et de légalisation », a expliqué le conférencier, en soulignant qu’il est important de connaître l’idéologie de ce marché, qui s’est développé d’une manière exponentielle pendant les dernières années.

Cette cryptomonnaie a été créée en 2009 par Satoshi Nakamoto (pseudonyme utilisé par l’auteur ou les auteurs) ; a connu une grande acceptation et s’est rapidement répandue au cours des derniers temps. En 2012 un (1) Bitcoin coûtait 1,37 dollars ; alors qu’en décembre 2017 l’unité a atteint la barre des 13.258 dollars, soit une augmentation de 967.000%.

A la fin de cet événement, les participants ont pu poser des questions sur le sujet au conférencier.